Friday, August 1, 2008

Résumé de la conférence sur les MRE du 7 juin dernier aux Pays-Bas

La ville de Haarlem aux Pays-Bas a connu le 7 juin 2008 une conférence ayant comme sujet « Les Marocains de Hollande : Un instant pour passer les choses en revue et y mettre de l’ordre ».
Cette conférence qui a été organisée par la Plate forme intercontinentale des MRE en collaboration avec le Conseil islamique de Hollande, a rassemblé plus de 100 participants.
L’organisation de cette conférence s’inscrit pleinement dans le cadre de la situation de turbulence et de dispersion que connaît la Communauté marocaine résidant en Hollande, sans oublier la mauvaise réputation que lui collent les médias de masse sous toutes ses formes, ce qui n’inspire pas à l’optimisme.
Jamal Ryane, Président de la Plate forme intercontinentale des MRE, a ouvert la conférence par un mot de bienvenue, en faisant allusion aux problèmes divers vécus par les MRE, tout en invitant les jeunes à investir les domaines de la communication et de la politique. Il a également abordé le rôle joué par les soldats marocains dans la libération de la Hollande, du nazisme. Il a également revendiqué l’instauration de la journée du martyr marocain, afin qu’un hommage lui soit rendu annuellement le 4 mai, ceci afin que les Européens sachent que les Marocains ne sont pas venus dans un premier temps pour améliorer leur niveau de vie économique, mais plutôt pour libérer l’Europe du nazisme et du fascisme.
En ce qui concerne le champ religieux, Jamal Ryane a insisté sur la nécessité de procéder à une opération chirurgicale et de ne pas laisser des profanes diriger les mosquées, qui sont appelées à jouer un rôle politique dans le quartier, tout en étant un centre ouvert aux jeunes pour les prémunir contre les groupes extrémistes. Il a finalement conclu par l’appel au rejet des conflits et du tribalisme.
Le professeur et docteur David Pinto, juif marocain, a fait une intervention qui a été applaudie par le public présent à propos des Marocains de Hollande et la politique. Il a parlé de la nécessité pour la communauté marocaine de ne compter que sur elle même et de se prendre en charge. David Pinto a également noté que l’intégration et la participation des Marocains au sein de la société hollandaise, ne sont pas un obstacle pour l’attachement à l’identité marocaine et islamique et à leur droit de la préserver.
Il a abordé la question de l’enseignement de la langue arabe qui se passait en lieu et place des cours de néerlandais et de mathématiques, et où l’enfant marocain était perdant. Il s’est demandé s’il s’agissait d’une politique qui visait à exclure l’arabe du cursus scolaire, ce qui est de plus en plus le cas. La participation à la vie politique est en effet nécessaire pour nous (MRE) imposer, et avoir de l’influence sur la politique générale menée par les partis au pouvoir.
Dans son intervention à propos de la situation de la femme marocaine, Fatima Taihane, conseillère communale, a mis l’accent sur le succès engrangé par la fille marocaine dans le domaine de l’éducation. 70% d’entre elles parviennent à l’enseignement supérieur et académique. Elles dépassent de loin les garçons qui, eux, abandonnent tôt et par grand nombre les établissements scolaires, sans diplômes.
En contrepartie, le succès réalisé par les filles a eu des répercussions négatives quant à la composition de la famille. Fatima Tahiane a souligné le fait que la femme marocaine atteint des postes importants, et que désormais, nous disposons de marocaines au sein du paysage audio-visuel hollandais.
Le professeur Anas Bendrif, chercheur en islam, a parlé du rôle de la religion et de celui des mosquées marocaines dans la participation de la communauté marocaine au sein de la société hollandaise. Il a abordé le rôle de la mosquée à travers les siècles et du rôle qu’il a joué et qu’il continue à jouer. Abas Bendrif s’est demandé si l’Europe, après les évènements du 11 septembre et de Madrid, cherchait à développer un islam européen, qui irait de pair avec son développement.
Il a exposé les bienfaits de l’expérience turque, a insisté sur le fait que la mosquée doit rester ouverte en tant que centre de communication à l’intérieur du quartier avec des gérants compétents, et que cette dernière ne devrait pas devenir une copie des mosquées rurales marocaines.
Il a rendu hommage à la jeunesse marocaine qui a réussi à se maîtriser face à la sortie du film Fitna du parlementaire extrémiste de droite Geert Wilders, puis qu’il n’y a pas eu d’actes violents comme l’aurait souhaité l’extrême droite.
Ed Klute, le directeur du prestigieux institut de communication Mira Media, a parlé des médias de masse hollandais et de leur comportement à l’égard de la communauté marocaine. Il a confirmé le manque d’objectivité des médias hollandais vis-à-vis de la communauté marocaine et des musulmans en général, surtout après les évènements du 11 septembre et l’assassinat du réalisateur Théo Van Gogh.
Il a rendu hommage à la conscience et à la sagesse avec lesquelles la communauté marocaine a fait face au film Fitna et a rappelé la nécessité de former de cadres marocains spécialisés dans le domaine de la communication sous toutes ses formes.
Ensuite, un débat avec le public a porté sur la situation pénible que traverse la communauté marocaine et les voies pour y remédier. La plupart des intervenants étaient unanimes sur le fait qu’il était que la communauté marocaine s’unisse en vue d’affronter les défis auxquels elle fait face.
Il a également été décidé d’organiser une conférence en novembre prochain, au cours de laquelle l’on discutera des moyens d’unifier la communauté marocaine en Hollande dans un cadre représentatif de ses intérêts et de qui serait son porte parole officiel.

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